21ème dimanche du temps ordinaire - 23 août 2020

Mt 16, 13-20

 

Avez-vous remarqué que le Credo (du verbe latin qui signifie Je crois), que nous récitons le dimanche à la messe, est construit autour de la vie de Jésus ? On aurait pu penser qu’il serait doctrinal : or, il est narratif, historique, biographique ! En réalité, il a une double structure : il est trinitaire avec ses trois parties successives, le Père, – Je crois en Dieu le Père tout-puissant -, le Fils, et l’Esprit. Et la partie centrale sur le Fils est la plus longue, 6 articles sur les 12 de la version du Symbole des Apôtres, nommé ainsi « selon une antique tradition, attestée déjà par saint Ambroise, symbolisant par le nombre des apôtres l’ensemble de la foi apostolique » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, CEC n. 191).

Sa deuxième caractéristique est de résumer en cinq événements la vie de « Jésus-Christ son Fils unique Notre Seigneur », qui sont :
L’annonce de sa venue, l’Annonciation – il a été conçu du Saint-Esprit.
Sa naissance, la Nativité – il est né de la Vierge Marie.
La Passion – il a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers.
La Résurrection – le troisième jour, est ressuscité des morts.
L’Ascension – Il est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.

Vous reconnaissez les mystères du Chapelet ou du Rosaire : ils sont ici bien répartis avec deux mystères joyeux, l’Annonciation et la Nativité, les mystères douloureux de la Passion, et deux mystères glorieux, la Résurrection et l’Ascension.

En pensant à l’usage de résumer une vie en dix dates clés, je me suis demandé quels seraient les cinq autres événements de la vie de Jésus que l’on pourrait ajouter à ces cinq articles du Credo.
Evidemment, celui de ce dimanche : la profession de foi de Pierre. Elle est fondamentale. Elle est trinitaire : elle lui est révélée par le Père, il entre dans le mystère de son Fils qui annonce le don de l’Esprit, le pouvoir de rémission des péchés, le souffle de Pâques.

Cela nous ramène aux trois dates de manifestation de la Trinité dans les évangiles :

Le baptême de Jésus par Jean-Baptiste, d’autant qu’il inaugure sa vie publique. Jésus est présent ; l’Esprit-Saint se manifeste sous la forme d’une colombe et la voix du Père descend du Ciel tandis que Jésus remonte du Jourdain : celui-ci est mon Fils bien-aimé.

La deuxième manifestation trinitaire est la Transfiguration : une nuée lumineuse symbole de l’Esprit les prend tous sous son ombre tandis que la voix du Père se fait entendre depuis la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le !

La troisième épiphanie de la Trinité est propre à l’évangile de saint Luc, au retour de l’envoi en mission des disciples : Jésus exulte de joie sous l’action de l’Esprit Saint et bénit son Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits (Lc 10, 21).

Voilà, avec la profession de foi de Pierre, quatre événements incontournables de la vie de Jésus à ajouter aux cinq articles du Credo. Quel serait alors le dixième, la dixième date, page d’évangile que nous pourrions rappeler pour avoir une vue d’ensemble ?
La question n’est pas facile ! Il y a tant de rencontres sublimes du Christ avec des personnes ! Nous avons tous des préférences, des paroles qui nous ont profondément touchés. Je pourrais m’arrêter, vous laisser la semaine pour y réfléchir, et vous proposer dimanche prochain une réponse parmi d’autres …
Je pourrais aussi, puisque deux des épiphanies de la Trinité, le Baptême par Jean-Baptiste et la Transfiguration, ont été choisies par Jean-Paul II comme mystères lumineux, prendre le dixième parmi les autres mystères lumineux, moins les Noces de Cana ou la proclamation du Royaume que l’Eucharistie. Je pourrais dire que le dixième est l’institution de l’Eucharistie sauf qu’elle fait partie de la Passion et la Résurrection.

J’ai opté pour un choix de saison si je puis dire, une fête qui n’a pas le rang qu’elle mérite : la mort de Jean-Baptiste, samedi prochain 29 août, sa décollation (qui veut dire décapiter). La mort de Jean-Baptiste est le tournant de la vie de Jésus. Elle explique que celle de Joseph ne soit pas évoquée. Elle a lieu juste avant la multiplication des pains, comme nous l’entendions au 1erdimanche d’août : « quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart » (Mt 14, 13), avant ce triptyque commun aux quatre évangiles, multiplication des pains, marche sur les eaux, profession de foi de Pierre -, dont je vous parlais dimanche dernier.
La mort de Jean-Baptiste est pour Jésus un moment de grande épreuve et terrible solitude, qui montre son humanité et sa divinité. Son humanité parce que notre vie est marquée par la mort de ceux que nous aimons. Interrogez les anciens sur les grandes dates de leur vie : certains vous raconteront leur mariage, la naissance de leurs enfants, tous leurs grands deuils.
Elle dit sa divinité car Jésus est le roi des martyrs. Sa mort sur la Croix donne naissance à l’Eglise lieu du pardon et de la réconciliation et c’est pourquoi la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

Voilà dix dates de la vie de Jésus. Mettez à part les cinq du Credo, les deux premières l’Annonciation et la Nativité, et les trois dernières, la Passion, la Résurrection et l’Ascension, et vous verrez que la profession de foi de Pierre est l’axe central entre Baptême et Mission. Pierre, dira Jésus, « j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 32)

L’Annonciation
La Nativité

Le Baptême par Jean-Baptiste
La mort de Jean
La profession de foi de Pierre
La Transfiguration
La mission des Apôtres

La Passion
La Résurrection
L’Ascension

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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