« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau … » Mt 11, 28

15ème dimanche du temps ordinaire - 5 juillet 2026

Mt 11, 25-30

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu                            Mt 11, 25-30

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »


 

1 – Que signifie : « peiner sous le poids du fardeau » ?

Peiner revient à combattre. A combattre quoi ? Toutes les tendances mauvaises de la chair ; celles qui, traversant nos pensées sous-tendent nos actions, favorisent nos choix et conduisent au malheur et à la perte de la joie authentique.

C’est se fatiguer pour remporter la victoire d’un bonheur éclatant.

« Venez à moi, nous dit Jésus, et je vous procurerai le repos. » De quoi nous informe-t-il en nous disant cela ? Il nous demande de ne pas nous éloigner de Lui, car alors nous ne saurons plus distinguer le bien du mal. Se reposer, aller vers Lui, demande de notre part que nous Lui fassions totalement confiance et de reconnaître l’absolue nécessité de se faire aider par Lui, de recevoir ses conseils et d’entendre ses enseignements. Sans Lui, tout devient dérisoire et terne.

Nos péchés peuvent être lourds à nommer, à vaincre, à confesser, à vivre. Cela peut devenir supportable à condition de chercher secours et assistance auprès de Jésus, et en gardant le ferme désir d’accomplir sa très douce volonté.

2 – C’est Jésus qui porte nos douleurs et nos fardeaux.

Par amour, Jésus est venu nous porter, enlever nos péchés, nous redresser, nous donner le goût et l’audace de repartir. Il a donné sa vie pour nous, Lui le serviteur fidèle de nos âmes.

Porter sa croix, être disciple de Jésus, implique forcément un certain type de comportement. Et principalement de ne pas faire peser sur les autres des préoccupations inutiles, nos humeurs détestables ; de ne pas transformer les autres en boucs émissaires de nos craintes, en ‘têtes de Turcs’ de nos impatiences jamais satisfaites.

Suivre Jésus nécessite de délivrer les autres de ce qui leur pèse le plus comme le ferait Jésus pour nous. Fréquemment et sans le savoir, nous rendons la vie des autres un peu plus pénible de ce qu’elle serait si nous n’étions pas là. « Être disciple », c’est s’oublier soi-même. Jésus est là, Il nous ouvre le chemin, Il est à nos côtés.

Si donc nous nous retrouvons bien seuls, accablés, surchargés d’un poids trop lourd, ne perdons pas de vue cette invitation : « Venez à moi ! »

Dans les multiples rencontres de Jésus, on voit très bien qu’Il ne cesse pas de restaurer les forces, de calmer la soif, de rendre la paix.

Jésus ne cesse pas d’avoir une attitude de compassion, de consolation, de guérison, d’invitation à croire en la Providence de Dieu et des Anges, et surtout d’amitié sincère : « Je vous appelle mes amis. » Jn 15, 15. Mais est-ce que nous l’entendons ? Là est la question. Et pourtant, nous connaissons très bien l’épisode évangélique où Jésus dit, après avoir appelé ses disciples : « J’ai grande compassion de ce peuple, parce qu’il y a déjà trois jours qu’ils demeurent avec moi, et ils n’on rien à manger. Et je ne veux pas les renvoyer sans avoir mangé, de peur qu’ils ne tombent en défaillance sur les chemins. » Mt 15, 32

3 – Que donnera l’homme en échange de son âme ?

Parce que nous ne nous appuyons pas assez sur Jésus… que de souffrances inutiles à porter ! Que de souffrances dues au fait de ne rechercher une tranquillité qu’à travers les biens et les consolations de la chair !

Car en effet, à quoi peut bien servir à l’homme de gagner le monde entier, s’il ne sait plus discerner le bien du mal …  s’il vient à perdre son âme ! C’est une problématique que souvent les sages et les savants ignorent, parce qu’ils font trop grand cas de ce qu’ils peuvent connaître. Ils ont oublié que perdre son âme est possible. Et que donnera l’homme en échange de son âme ?

Jésus insiste particulièrement sur ce dernier point. Il ne dit pas qu’Il punira les pécheurs, mais qu’il sera rendu à chacun selon ses œuvres.

Conclusion

Nous sommes invités à ne pas nous laisser submerger par des choses superflues, et à considérer ce qui est le plus nécessaire à notre vie jusque dans la vie éternelle. Comme dit Saint Jean Chrysostome en commentant justement cet évangile :

« Si un prince, un empereur, faisant comparaître devant lui un de ses sujets et qu’il lui dit : ‘Je veux faire votre bonheur ; demeurez avec moi, jouissez de tous mes biens ; mais veillez à ne pas me déplaire en tout ce qui est juste’ ; quel soin, quelle ardeur ce sujet ne mettrait-il pas à satisfaire son prince ! eh bien ! Dieu nous fait les mêmes avances … et on ne se soucie pas de son amitié ; on ne fait aucun cas de ses promesses … Que c’est dommage ! … »

Si nous savions à quel point le Christ est notre repos, comme nos vies en seraient transformées. Répétons-nous souvent : « Venez à Moi ! », « Reposez-vous ! », car « Je suis doux et humble de cœur ». Avec Moi vous trouverez le repos pour votre âme.

Prière du matin :

Donne-moi Seigneur,
en ce monde si pressé,
de recevoir chaque matin la force de savoir attendre.
Que s’accomplisse ta volonté
à travers toutes mes actions.
Amen

 

Père Jean-Pascal Duloisy, curé