Baptême du Seigneur - dimanche 9 janvier 2022

Lc 3, 15-16. 21-22

 

Ici, à Notre-Dame de Compassion l’an dernier, nous avons célébré 83 baptêmes, un seul d’adulte. Plus de 80 baptêmes comme avant la pandémie (50 en 2020). La Chapelle est magnifique, notre chanteuse un bonheur, et quand je peux, je danse une petite gigue, de joie. Tout baptême est une fête, unique, et je ne m’en lasse pas, inépuisable sage-femme dans l’ordre spirituel. Il y a la joie du don de Dieu : que donne le baptême ? La foi ! Et l’Espérance, que dit, dans l’évangile que nous venons d’entendre, l’ouverture des Cieux : le baptême est la porte d’entrée dans la vie éternelle.

80 baptêmes en presque autant de célébrations puisque nous privilégions l’aspect familial et festif, en réalité le sacré de chaque personne, la transcendance de l’être, parfaitement résumé lorsque Jean-Baptiste lui-même a reçu son prénom : « Que sera donc cet enfant ? » (Lc 1, 66).

Certaines paroisses exigent un certificat de baptême des parrain et marraine. Il y a en France deux cent mille baptêmes par an : 50% de moins en dix ans ! Et il faudrait établir quatre cent mille certificats, sorte de pass baptismal, qui n’ont guère d’intérêt parce qu’ils ne disent pas si les parrain et marraine sont ou non pratiquants.
Pourquoi demander un certificat ? Pourquoi ne pas croire les gens sur parole ? Dieu ne nous fait-il pas confiance pour que nous fassions de même, confiance à ceux à qui il nous envoie ?

Bien sûr que certains nous racontent n’importe quoi. Qui ne ment pas ?

La question est : à qui ? quand ? pourquoi ?

C’est ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui : des rares personnes qui me mentent, je dis bien : rares. Une minorité. Pourquoi en parler ? Parce que c’est le dada de notre époque, notre fascination pour ce qui est marginal. Le Diable le monte en épingle et l’agite pour nous faire croire qu’il n’existe pas de lois générales. Ne vous laissez pas troubler par ce qui est à la marge. Vous verrez avec le temps qu’au fond l’être humain ne change pas : nous avons été créés par Dieu pour vivre dans l’amour et la vérité.

Au début de la célébration du baptême d’un petit-enfant, avant de tracer sur lui le signe de la croix, le célébrant demande aux parents s’ils s’engagent à le faire grandir dans la foi. ‘Vous l’inscrirez au Catéchisme ?’. Ils répondent : Oui. Une fois sur deux, ils ne le feront pas. Il suffit de regarder les statistiques du Catéchisme. C’est comme aux mariages : sur le moment, ils en ont assurément le désir.

Le peuple qui venait à Jean-Baptiste était comme nous : désireux de se convertir, attiré par la vérité, empoisonné par le mensonge.
Voilà la vraie écologie : l’écologie de la Vérité.
Voilà Ce que nous célébrons en cette fête du Baptême du Seigneur, Celui seul qui peut dire : je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.
Voilà l’amour qui rend heureux : l’amour de la vérité.

Vous pensez qu’il n’est pas possible dans la vie de ne pas mentir ?
Plus ou moins.

Reprenons les trois critères : à qui ? Quand ? Pourquoi ?

A qui ? Jamais à ceux qu’on aime. Pas plus aux autres, mais déjà pas à ceux qu’on aime : c’est la condition du bonheur. Est-ce que tu as fait ça ? Est-ce que c’est vrai ? Si vous persistez dans le mensonge, je répète : si vous persistez, sans vous repentir, malheureux êtes-vous.

Quand ? Sous la pression, par crainte, paresse, affolement. Pour sauver sa peau, Pierre a menti. Il a pleuré de honte et de dégoût. Il a menti parce qu’il avait peur. Ne craignez pas, dit Jésus, ceux qui tuent le corps. Jésus est revenu sauver Pierre. Et Pierre a changé. C’est aussi à nous de permettre à l’autre de revenir dans le vrai. Il faut parfois du temps.

Le 3ème critère est plus complexe, qui correspond à ce que le Catéchisme de l’Eglise appelle la vérité que l’on doit. « Le droit à la communication de la vérité n’est pas inconditionnel ». Chacun doit discerner « s’il convient ou non de révéler la vérité à celui qui la demande » (CEC 2488). C’est délicat : comment dire gentiment à une personne quand ça ne la regarde pas ?

Ajoutons la différence essentielle à faire entre un secret et un mensonge par omission : il n’y a pas de secret quand une personne, un enfant ! est en danger. Un secret qui maintient un danger est un mensonge.

Mes amis, je vous invite en ce début d’année à vous engager avec le Christ dans la vérité.

Demandez-vous si vous avez menti à des personnes que vous aimez, et voyez, à défaut de l’avouer, ce qui n’est pas toujours possible voire souhaitable, comment réparer, vous confesser ! et ne plus recommencer.

Notre liberté est de choisir, jour après jour, entre notre conscience et notre tranquillité, encore faut-il que notre conscience soit correctement éclairée. La liberté, c’est cher ! Très cher aussi l’honnêteté. Acceptons-nous d’en payer le prix ? Ne mentez pas. Cela gâche la vie.

Etre chrétien, disciple et frère du Christ, signifie avoir plus peur du mensonge que de la mort. Le mensonge, on peut revenir dessus, reprendre un bon chemin. La mort viendra à son heure. Ne craignons pas pour notre corps ; craignons pour notre âme. Nous avons tous, toujours, le choix de mentir ou pas.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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