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Crée en moi un cœur pur. Vers toi reviendront les égarés

15ème Dimanche du Temps Ordinaire - 11 juillet 2021

Mc 6, 7-13

 

Vous ayant parlé dimanche dernier du mépris, je pensais poursuivre sur le soupçon, le pire poison, à l’origine de tout péché, en tout cas du péché de l’origine. Dimanche dernier, on voyait Jésus, de retour à Nazareth, rejeté par les siens : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison ». Parti de là, « Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant » (Mc 6, 6), et soudain il appelle les Douze, dont saint Marc avait raconté la création trois chapitres plus tôt « pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle, avec le pouvoir de chasser les démons » (Mc 3, 14-15), et il les envoie en mission.
Il les prévient qu’ils trouveront l’hospitalité aussi bien que l’hostilité : si on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez. Le soupçon est le premier degré de l’hostilité : c’est le refus d’accueillir. Il consiste à voir le mal a priori : on vous soupçonnera de mauvaises intentions. Le soupçon est un procès d’intention, une accusation fausse et malveillante, faisant de l’autre un ennemi, autant de noms du Diable, l’Accusateur de nos frères, l’antique Ennemi, l’Adversaire.

Nous nous fermons de crainte qu’on nous fasse du mal, qu’on nous vole, qu’on nous fasse perdre notre temps : ‘C’est à quel sujet ?’. Et nous sommes d’autant plus réservés, distants, froids que nous avons été trompés et plus d’une fois ! qu’on a abusé de notre confiance, et aussi parce que nous avons été éduqués ainsi, conditionnés, mis en garde contre tout qui est étranger, couverts que nous sommes de préjugés.

Nous avons une Bonne Nouvelle pour vous, annoncent les apôtres que Jésus envoie deux par deux. Je me suis demandé s’il y avait eu des femmes parmi eux, est-ce que ça se serait mieux passé ? Quand on faisait de l’auto-stop, on mettait la fille en avant, c’était plus rassurant. Le Christ envoie ses apôtres, des hommes rudes, pas forcément les plus sympathiques. Le Seigneur est exigeant dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez à l’Evangile. Ce n’est pas une opération de séduction, mais de conversion.

Ceux qui s’ouvrent, qui accueillent et qui écoutent sont admirables. Jésus fixa son regard sur lui et l’aima, dit l’évangile du jeune homme riche qui avait gardé tous les commandements de Dieu dès sa jeunesse (cf. Mc 10, 21). Il faut croire que le Christ pose ce regard sur nous venus écouter la Parole de Dieu, l’enseignement donné par le prêtre. C’est beau une assemblée qui écoute.
Dans un monde marqué par le péché, la crainte, le soupçon, l’hostilité, portons ce regard d’admiration sur les cœurs ouverts et accueillants, sur nos assemblées que Dieu regarde plein de tendresse. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Une amie m’a demandé la définition d’un cœur pur. Le contraire d’un cœur soupçonneux.

Le soupçon est le fait d’un cœur blessé que Jésus est venu guérir, purifier. Comment guérir celui qui ne veut pas écouter ?

Chaque matin l’Eglise commence sa prière des Laudes, prière de louange, avec un psaume dit invitatoire qui invite à se rassembler pour chanter Dieu.
Le plus connu est le psaume 94 : « Venez crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre salut ! ». La Règle de saint Benoît, que nous fêtons ce 11 juillet, prévoit qu’on chante ce psaume « en traînant un peu » par égard pour les retardataires ! (chapitre 13 de la Règle).

Il y a aussi le psaume 66 dont le refrain est : « Que les peuples, Seigneur Dieu, te rendent grâce, qu’ils te rendent grâce tous ensemble ! ». Le 99 est plus court qui propose le même décentrage de soi-même pour entrer dans la prière commune : « Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie ! ».

C’est pourtant le psaume 23 : « Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! », que je vous propose pour cet été à cause des versets suivants :

« Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles et ne dit pas de faux serments.
Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice ».

L’homme au cœur pur obtient du Seigneur la bénédiction.

On nous demande pourquoi nos prières ne sont pas toutes exaucées ? Ce ‘toutes’ n’est pas rien qui suppose que certaines le sont, et ce n’est pas rien de reconnaître que Dieu, le roi des cieux, entend et exauce nos prières ! Car Eternel est son amour ! Oui, éternel est son Amour ! Notre Dieu est un Dieu de bonté qui a tout créé avec sagesse et par amour. Il est notre Rocher, notre salut, qui a vu la misère de son peuple, qui a entendu ses cris, et connaît ses souffrances (Ex 3, 7).

La question que nous devons nous poser est de savoir ce que nous voulons vraiment, du fond du cœur : que nos prières soient exaucées ou habiter la maison du Seigneur ?

Ce n’est pas la même chose ? Pas tout à fait. Nous pouvons désirer que nos prières soient exaucées, sans vouloir un cœur pur. Et pourtant il nous faudra au Ciel avoir le cœur assez pur pour contempler Dieu, et nous tenir en sa présence. Ne serait-ce que pour dire : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime » (Jn 21, 17)

Alors que nous suivons les apôtres en mission, n’oublions pas, mes amis, qu’il n’y a pas plus missionnaire qu’un cœur pur ! C’est ce que dit le psaume 50 : Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu ! Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

Crée en moi un cœur pur. Vers toi, reviendront les égarés.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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