20ème dimanche du Temps Ordinaire - 14 août 2022

Lc 12, 49-53

 

‘Ils se diviseront’ dit Jésus, et on pourrait ajouter : ‘à cause de moi’. Comme dans les Béatitudes, quand le Christ dit : « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi » (Mt 5, 11).

Ces divisions ont un motif religieux : elles portent sur des choix de vie, ce sont les oppositions que saint François d’Assise et saint François de Sales ont rencontrées de leurpère, sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, de sa mère, autant de parents qui n’acceptaient pas la radicalité du Christ et de la suite du Christ.
Aujourd’hui l’opposition s’est inversée : beaucoup d’enfants méprisent la foi de leurs parents. Avec la tentation forte pour ceux-ci d’abandonner leur foi et se mettre au diapason de leurs enfants et de l’esprit du monde.

Le climat de tiédeur spirituelle et morale dans lequel nous vivons fait que la radicalité du Christ fait sursauter même des Chrétiens : ‘Dieu, un feu ? Oh non, il est tout amour’. Combien de parents estiment que ce qui prime est le bonheur de leurs enfants, comme s’ilspouvaient être heureux en ayant renié la foi de son baptême ? « Si le bonheur consistait à manger des pois, nous dirions les bœufs heureux », disait Héraclite.

Dans l’équivalent dans l’évangile de saint Matthieu de ce passage de saint Luc, les paroles de Jésus sont précédées d’un avertissement : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux » (Mt 10, 32-33).
Le feu que Jésus est venu apporter sur la terre est le feu du Jugement. Le feu où se consumeront les impies quand le Christ dira à certains : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Ils répondront : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” (Mt 25, 41-45).

Le feu appartient au langage de la Croix, comme le glaive qui a transpercé le cœur de Marie quand Jésus est mort sur la Croix et qu’elle a recueilli son corps entre ses bras.

Ce glaive transperce le cœur de tout disciple quand l’un de ses proches se met du côté de ceux qui se moquaient de Jésus, et prend le parti de l’esprit du monde. Combien plus pour des parents dont les enfants élevés chrétiennement ne mettent plus les pieds à l’église, sous toutes sortes de prétextes, et reprochent à l’Eglise de ne pas cautionner leurs choix.

Heureux les parents dont les enfants partagent leur amour du Christ et de l’Eglise !
Quel malheur et quel déchirement pour les parents chrétiens quand leurs enfants ne le sont pas !

Ces divisions existent au sein même de l’Eglise, et c’est logique puisqu’elle est une familleavec les mêmes joies et les mêmes difficultés que les familles.

Le Pape François a publié le 29 juin une Lettre apostolique sur la Liturgie, plutôt hostile à l’ancien Rite. Des confrères m’ont dit leur embarras, ne voyant pas pourquoi il n’y aurait pas la place dans l’Eglise pour la diversité des charismes, ne comprenant pas les consignes de cette Lettre sur les façons de célébrer qui auraient pu faire l’objet d’un document à part plutôt qu’à l’ensemble des fidèles.
La plupart s’interdisent toute critique au nom de l’unité, avec le problème que cela pose de notre crédibilité. Nous appliquons le proverbe dans le doute, abstiens-toi’, et gardons un silence prudent, comme pour la Lettre « sur la fraternité et l’amitié sociale », Tutti fratelli, de2020. Nous évitons surtout de nous référer à la façon dont Paul s’était opposé à Pierre,« ouvertement, parce qu’il était dans son tort » (Gal 2, 11), parce que nous ne sommes pas saint Paul et le Pape n’est pas saint Pierre.

L’union au Christ passe avant tout.

Un couple de fiancés à qui j’avais demandé une lettre d’amour, sur ce qu’ils aiment chacun chez l’autre, avaient exprimé une confiance en l’autre aussi belle qu’excessive, et lui avait écrit qu’il avait une confiance absolue en elle. Non ! Attention ! ayez confiance en l’amour qui vous unit mais soyez conscients de vos fragilités. N’oubliez pas que saint Pierre avait promis à Jésus qu’il ne l’abandonnerait jamais ; il avait pleuré amèrement.

Dans le Christ et en lui seul notre confiance est absolue, lui seul peut nous garder unis, en famille, en société, dans l’Eglise. Nous avons trop souffert des crimes commis par des prêtres dévoyés à qui on avait fait une confiance excessive, aveugle.

Les critiques que nous pourrions exprimer sont le sujet de la 1ère lecture de ce dimanche, les princes du peuple s’indignent contre le prophète Jérémie : « en parlant comme il le fait, il démoralise la population ». C’est un risque. A chacun de choisir ce qu’il préfère : qu’on vous dise ce qui va arriver ou qu’on vous maintienne dans une douce tranquillité ? Comment ça, ce qui va arriver ? Oui : la rencontre du Christ ! Au plus tard au moment de notre mort. Y sommes-nous prêts ?

Prions la Vierge Marie en cette veille de l’Assomption : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ».

L’union au Christ avant tout.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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