Assomption de la Vierge Marie - Lundi 15 août 2022

Lc 1, 39-56

 

Est-ce que le mot Assomption est de la même famille que le verbe assumer ? Oui.
Et qu’est-ce qui est assumé en cette fête de l’Assomption ? Qui assume qui ou assume quoi ?

Dieu assume sa Création et son plan de Salut, puisqu’il fait entrer la Vierge Marie dans sa Gloire : il assume son choix de l’avoir mise à part pour être la Mère de son Fils, Jésus-Christ notre Sauveur, et d’avoir pour cela préservé Marie du péché originel « par une grâce venue de la mort de son Fils » : le dogme de l’Immaculée Conception forme avec l’Assomption l’alpha et l’oméga de la Sainteté de Marie, l’Immaculée Conception étant l’origine, et son Assomption marquant la fin de son existence terrestre, son entrée paisible corps et âme dans la Gloire du Ciel, pour avoir toujours été parfaitement unie à son Fils, bien plus qu’une mère a son enfant.

Qu’est-ce que l’Espérance que nous célébrons en ce jour, en cette deuxième fête de l’Espérance après l’Ascension du Seigneur (l’Assomption est une ‘ascension’ de la Vierge Marie, son élévation dans la Gloire), la 3ème étant la Toussaint, l’espérance que nous soyons nombreux à bénéficier de ce bonheur ?

L’espérance chrétienne est à la mesure et dans la continuité de notre union au Christ en cette vie, car c’est « Par lui, avec lui et en lui » que nous entrerons dans la Gloire du Ciel :  sauvés par Jésus le Christ notre Seigneur. Par lui, avec lui et en lui ‘seulement’.

Est-ce à dire qu’il n’y a pas de Salut en dehors du Christ ? Clairement oui.

Seuls ceux qui croiront en Jésus-Christ jusqu’au bout seront sauvés. « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1). Seuls ceux qui croiront en Jésus-Christ seront sauvés : « Il n’y a pas d’autre nom sous le Ciel » – pas d’autre personne, pas d’autre dieu par lequel nous puissions être sauvés. « En nul autre que lui il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12).

Et nous avons l’obligation de l’annoncer en particulier à ceux qui, « sans faute de leur part » comme dit le Concile, ignorent l’Evangile du Christ et son Eglise et cherchent cependant Dieu d’un cœur sincère, et « à mener une vie droite » (Cf. Lumen Gentium n. 16). Sans faute de leur part et sans faute de notre part dans le témoignage que nous avons à donner.

Dieu a assumé le choix de Marie comme Mère de son Fils ainsi que l’Ange le révèle à l’Annonciation : « tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30), et Marie a elle aussi assumé le choix de Dieu.
Quand Elisabeth s’exclame : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? », Marie ne refuse pas ce titre. Elle l’endosse et elle l’assume pleinement, rendant grâce à Dieu qui « s’est penché sur son humble servante : désormais tous les âges me diront bienheureuse ».

Ce titre de Mère de Dieu est à l’origine de la fête du 15 août même si nous célébrons la maternité divine de Marie le 1erjanvier, au ‘lendemain’ de la Nativité, à la fin de la semaine de Noël. L’Esprit-Saint met ce titre dans la bouche d’Elisabeth : ‘Tu es la Mère du Seigneur’.
Et Marie répond : Oui, je le suis, l’assumant comme Jésus répond à ceux qui lui demandent s’il est le Fils de Dieu : « Vous le dites, je le suis » (Lc 22, 70).

Dieu assume le choix d’avoir fait de nous ses enfants d’adoption par son Fils Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, et à nous de l’assumer également !

Ah si nous pouvions assumer d’être enfants de Dieu, dans le Christ et dans l’Esprit ! Ah si, forts de notre baptême, nous pouvions nous laisser, comme Marie, aimer et guider par Dieu, si nous pouvions mettre nous aussi notre confiance en Lui.

« Voyez quel grand amour le Père nous a donné pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » dit saint Jean (1 Jn 3, 1) qui dit alors : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
Quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur » (1 Jn 3, 2). Voilà ce que nous reconnaissons à Marie : d’avoir mis en Dieu une telle espérance qu’elle s’est rendue pure comme lui-même est pur.
L’espérance purifie du péché. Voyez a contrario le désespoir du monde : plus vous agissez mal, plus vous agissez contre votre conscience, plus vous désespérez.

Mal agir signifie manquer d’amour, de compassion, se montrer indifférents aux souffrances des hommes et femmes de notre temps. Négliger de leur parler de Dieu, de l’amour et du jugement. Le Cantique de la Vierge Marie, le Magnificat constitue à cet égard un véritable manifeste de justice divine, la promesse que Justice sera créée, l’égalité réalisée : notre espérance est plus grande que les retrouvailles de nos proches ! Bien sûr que nous espérons retrouver au Ciel ceux que nous avons aimés … mais Seigneur ! pas pour vivre les mêmes conflits, les mêmes injustices qu’ici-bas !

Un adage des Pères de l’Eglise dit que « ce qui n’est pas assumé ne peut être sauvé ». Il fonde le sacrement du pardon : il faut assumer et confesser ses péchés pour être pardonné. Aussi bien Zachée (« si j’ai fait du tort à quelqu’un »), que le fils prodigue ont assumé leurs fautes, au contraire du mauvais serviteur de la parabole des talents qui rejetait la responsabilité sur son maître. Se reconnaître pécheur, assumer ses péchés, en demander pardon pour être sauvé.

Tel est le « grand signe apparu dans le Ciel » (Ap 12, 1 – 1ère lecture). Il n’est pas tant la Femme, c’est-à-dire la Vierge Marie, que le Christ, le Fils que cette Femme a porté et donné au monde, lui « le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer ».

Il a assumé notre humanité pour que nous assumions sa divinité. Avec Marie et par Marie, assumons notre union au Christ. Et nous serons sauvés.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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