Mercredi des Cendres - 26 février 2020

Le ‘devant d’autel’ s’appelle un antependium, qui était traditionnellement une pièce de bois ou de tissu plus ou moins richement décorée qui servait aussi à instruire les fidèles par des scènes ou des figures de l’évangile. Certains sont célèbres comme celui de la Cathédrale de Bâle. Nous sommes plus modestes ici, à la Compassion, avec une grande photographie pour l’Avent ou le Carême. Avant Noël, elle sert de fond à la crèche, comme les toits de Paris en décembre dernier, après des images les années précédentes de montagne ou de mer, tandis qu’au Carême l’image donne le thème de l’année, du chemin vers Pâques.
Au Carême l’an dernier, c’était une pleine lune scintillante sur les eaux de la mort, pour honorer les quatre nuits de l’Alliance et la Résurrection, je vous renvoie à mon homélie de l’année dernière : la lune brille du reflet de la lumière du soleil. Marie comme l’Eglise sont belles de la beauté du Seigneur.

Cette année, je vous propose cette vue du monastère saint Georges dans le Wadi Qelt, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Jérusalem, sur la route entre Jérusalem et Jéricho. C’est sur cette route que le Bon Samaritain est venu en aide à un malheureux : les Pères de l’Eglise en faisaient une lecture symbolique de la descente de la Jérusalem céleste au monde païen de Jéricho de l’autre côté du Jourdain.

Cette vue illustre l’invitation du Carême, d’entrer dans le secret de sa chambre qui n’est autre que le creux du rocher.

Je vous conseille un livre remarquable, d’une aventure magnifique : ‘Récits d’une ermite de montagne’ (éditions Relié), où cette femme, Sœur Catherine raconte sa vie de solitude avec le Christ, que rien ne pouvait laisser présager, – le début est génial ! la façon dont elle a répondu à l’appel du Seigneur comme dans le Cantique des cantiques : « Lève-toi, mon amie, viens ma toute belle ! Ma colombe, blottie au creux du rocher » (Ct 2, 13-14).

Habiter le creux de rocher, c’est aller au cœur de l’Amour de Dieu, vivre au plus secret de son intimité, pour contempler sa splendeur. C’est là où Dieu a protégé Moïse qui voulait contempler sa gloire : « Je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé » (Ex 33, 22).
Le Carême est un temps d’intimité avec le Seigneur, dans le secret de sa chambre et le creux du rocher.

Des trois montées, ascensions que l’évangile nous demande, l’aumône viendra des petites économies que nous ferons à vivre plus sobrement, dans la frugalité, – si déjà nous reversions en liquide tout ce que nous économiserons en boissons ! La prière sera adossée au rocher de la Parole, au roc qu’est le Christ. Enfin, le jeûne sera composé de tous les renoncements au confort que nous pourrons accepter. Il n’y a pas besoin d’être ermite pour avoir des idées.

Entrer dans le secret de sa chambre et le creux du rocher.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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