Solennité de la Sainte Trinité - 30 mai 2021

Mt 28, 16-20

 

Je voudrais vous proposer trois propriétés divines, trois qualités de Dieu pour entrer dans le mystère de la Sainte Trinité : la bonté, la justice et la vérité.

Dieu est un Père plein de bonté. C’est le premier mot que saint Paul utilise dans sa prière de louange au début de sa 2èmeLettre aux Corinthiens : Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de bonté – on peut aussi traduire par plénitude de tendresse ou de miséricorde, le Dieu de qui vient tout réconfort, dont la bonté n’est jamais si grande que lorsque nous sommes dans la détresse (Cf. 2 Co 1, 3-4).
C’est ainsi qu’il s’est révélé à Moïse : Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce, plein d’amour et de fidélité (Ex 34, 6), et avant lui aux Patriarches, qui lui ont donné le Nom que Jésus reprend à propos de la résurrection des morts : « n’avez-vous pas lu ce qui vous a été dit par Dieu : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mt 22, 32).

Dans nombre de familles, il n’y a pas plus grand que le Patriarche. Qui n’a jamais vu une communauté gouvernée par une telle figure d’autorité ne sait pas ce qu’est la crainte de Dieu. Est-ce qu’on peut entrer dans le mystère divin sans avoir fait l’expérience ou eu connaissance d’une paternité pleine de bonté, une autorité généreuse et bienveillante ? Nous ne le pensons pas qui avons appris de Jésus à prier Notre Père.
On ne peut même pas dire que la place du patriarche soit enviable : la chose n’est même pas envisageable, même pas en rêve. A l’inverse, il n’y a pas plus abominable dans la Bible qu’un fils ingrat et rebelle : il doit être mis à mort. Le patriarche est le point d’origine, dont on tient la vie et qui garantit l’unité de la communauté, sa cohésion, sa protection et sa richesse

A l’époque les parents avaient droit de vie et de mort sur leurs enfants, comme aujourd’hui tant qu’ils sont dans le sein de leur mère, et c’est pourquoi nombre de croyants imaginent que Dieu a sacrifié son Fils, qu’il l’a fait ou laissé mourir sur la Croix. J’essaye de leur expliquer que nous ne donnons pas le même sens au mot sacrifice : la réalité est que ce sont les parents qui se sacrifient pour leurs enfants. C’est la réalité de l’héritage dont il est question dans la 2ème lecture, « puisque nous sommes enfants de Dieu, dit saint Paul, nous sommes aussi ses héritiers » (Rm 8, 16). L’héritage est le signe de l’amour des parents pour leurs enfants.

Socialement l’héritage est une injustice qui perpétue le fossé entre riches et pauvres. On devrait au moins le plafonner mais on continue à le considérer comme sacré, symbole de juste transmission. Voilà pourquoi le deuxième titre qui revient au Christ est le Juste, le seul Juste, venu montrer l’équilibre à trouver entre l’intérêt collectif formulé par le grand Prêtre : « il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » (Jn 11, 50), et la dignité transcendante de toute personne, ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi dit Jésus que vous l’avez fait.

On oublie que les premiers mots de Jésus à Jean Baptiste sont : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice » (Mt 3, 15).

D’accomplir et réaliser la promesse portée par tous les prophètes d’Osée à Malachie : « Il est temps de chercher le Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice » (Os 10, 12). « Pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement » (Mal 3, 20).

Troisième étape, la troisième condition pour entrer dans le mystère de la Trinité, nous venons de la voir à la Pentecôte, dans le don de la Loi divine inscrite en nos cœurs, le don de l’Esprit que Jésus nomme Paraclet, que nous traduisons par Défenseur, qui correspond à Avocat, le vis-à-vis du Juge, élément essentiel de Justice. Il signifie également Consolateur. Mais son vrai nom, que Jésus lui donne par trois fois dans l’évangile de saint Jean, est Esprit de vérité (Jn 14, 16 ; Jn 15, 26 ;Jn 16, 13). « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière ».

Le don du Saint-Esprit marque le passage de la justice à la vérité. Notre Espérance est une espérance de Justice, que Justice sera créée. Notre Foi est une foi en la Vérité, en « Dieu qui ne ment pas » (Lettre à Tite 1, 2. Cf. Nb 23, 19 ; He 6, 18), foi en la vérité de son Amour pour nous.

Le Père, le Fils et l’Esprit : la bonté, la justice et la vérité.

Ce que nous croyons de ton amour et de ta Bonté, Dieu notre Père, parce que tu l’as révélée en nous créant, nous le croyons pareillement et de ta Justice et de ta Vérité, par la venue de ton Fils et le don de l’Esprit, et quand nous proclamons notre foi en la Trinité sainte, nous adorons en même temps chacune de ces qualités, leur nature divine et leur égale nécessité.

Aux personnes qui progressent dans la prière, je demande parfois : à qui vous adressez-vous quand vous priez, au Père, au Christ ou à l’Esprit ? Vous pourriez aussi vous demander ce qui est le plus important pour vous, ce que vous préférez : la bonté, la justice ou la vérité ?

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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