Nous avons parfois tendance à voir surtout l’aspect moralisant de l’enseignement de Jésus. Dieu est donc perçu comme Celui qui exige et qui commande.
Il ne faut pas atténuer le fait que Dieu Créateur nous aime et qu’il a promis de nous sauver du mal et de la mort. En nous donnant Jésus, Il accomplit cette promesse. Jésus est venu donner la Vie même de Dieu. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent Toi, le seul vrai Dieu. » Jésus est le Fils que le Père nous envoie pour nous conduire à Lui. Dieu veut se faire connaître à nous pour que nous ayons la vie en plénitude, pour que nous soyons heureux.
A suivre Jésus ce qui est en jeu, c’est notre vie, c’est notre bonheur.
Jésus ne fait pas que donner un enseignement, Il nous conduit au Père, source de vie. Dieu veut me faire vivre de sa Vie. Ce don, Il ne l’impose pas, Il ne force pas. Il me laisse libre. Il attend ma réponse.
Jésus se présente dans l’Evangile de ce jour comme celui qui appelle des hommes à Le suivre et qui attend d’eux une réponse.
A ce sujet il y a trois constatations :
1 – Jésus nous appelle où nous sommes. Il va chercher ses disciples là où ils vivent, dans leur occupation la plus quotidienne. Nous aussi, c’est là où nous vivons chaque jour que Jésus nous appelle. Nous courons souvent le danger de compartimenter notre vie, réservant à Dieu certains moments bien limités (la messe du dimanche par exemple) et le reste du temps n’a plus rien à voir avec Lui … Or est-ce que toute notre vie n’est pas sous le regard de Dieu ?… Le moindre de nos gestes ?… Nos occupations les plus routinières ?…
2 –Jésus les appela. En d’autres Evangiles, l’appel est présenté en ces termes : « Venez à ma suite. » Que s’agit-il de faire ? Pour les disciples, Simon, André et les fils de Zébédée, c’est clair : il s’agit de tout quitter pour vivre avec Jésus, pour voir ses faits et gestes, écouter ses dires.
Pour nous, il s’agit moins de « partir » que d’être avec Jésus (ce qui n’exclut pas que nous ayons à « quitter » une certaine manière de vivre).
Suivre Jésus, c’est être d’accord avec Lui. De façon plus simple pour formuler cela autrement ; c’est tout simplement vouloir être son ami, son confident, son proche.
Or, de quelle manière montre-t-on de l’amitié à quelqu’un ? Tout simplement en écoutant ce qu’il a à nous dire. En écoutant avec confiance et intérêt, en croyant en Lui, en étant d’accord avec ce qu’Il dit, en ayant envie de faire comme Il dit. Le plus important c’est la confiance. Pas d’amitié sans confiance. « Laissez venir à moi les petits enfants » dira Jésus … On peut comprendre : « Laissez venir à moi celles et ceux qui me donnent généreusement leur confiance, sans arrières pensées car Je le mérite. Avoir confiance, c’est croire que Jésus nous aime et veut notre bonheur.
3 – Jésus attend de nous une réponse libre. Il ne nous force pas. La foi est réponse. La foi n’est pas d’apprendre et d’engranger des leçons sur Jésus, des sciences bibliques, historiques ou d’acquérir un savoir, mais de répondre à l’amour de quelqu’un. D’écouter et d’entendre pour agir en conséquence.
Nous avons à comprendre que nous sommes personnellement impliqués car Dieu nous appelle chacun et chacune par notre nom. Ce n’est pas non plus une exigence, ou un ritualisme au sens étroit du terme, mais c’est aimer et répondre à une personne, à Jésus avec le plus de considération possible.
Et cette réponse est libre. Dieu ne nous force pas. Il nous attend. Sa patience est bonté. Pas un cheveu ne peut tomber de notre tête par hasard. Il est important de nous interroger afin de savoir si nous sommes vraiment d’accord pour écouter Jésus, pour croire ce qu’il dit, en tout ce qu’Il dit sans en retrancher une partie, selon de petits arrangements bien commodes. C’est à ce prix que l’on peut être disciple. Etre disciple c’est finalement vivre avec Jésus, en communion de cœur. Etre chrétien, ce n’est pas un formalisme, respecter un enseignement, compter ses péchés mortels par peur de rater quelque chose.
Conclusion
Une question peut se poser pour certaines personnes. Ne faut-il pas attendre de bien connaître et de tout comprendre pour croire en Dieu, pour s’en remettre à Lui ?
Il est facile de répondre par la question suivante : les disciples que savaient-ils sur Jésus quand ils ont tout quitté pour le suivre ? Peu de chose, mais ils sont en confiance. Que pouvons-nous connaître et comprendre de Dieu si nous ne nous sommes pas d’abord ouverts à Lui ?
Est-il possible de connaître quoi que ce soit du mystère de Dieu sans que Dieu nous le fasse connaître Lui-même ?
Ne faut-il pas commencer par un acte de foi pour que Dieu puisse nous faire avancer pas à pas ? Accepter de se laisser conduire par Lui sans avoir tout compris (ce qui d’ailleurs ne sera possible qu’au Ciel !) afin d’avancer vers une plus grande connaissance et un plus grand amour de Dieu peut se résumer en deux mots. Venez et voyez ! Il n’y a que Jésus qui connaît Dieu parfaitement. C’est ainsi qu’il nous appelle à Lui faire confiance en ne connaissant qu’une seule chose : Il est celui que Dieu envoie pour nous sauver, pour nous éclairer et nous donner la Vie.
Alors, nous signons ? pour suivre Jésus chaque jour, Lui qui se propose de nous perfectionner dans le bonheur pour le saint voyage vers le ciel ou il nous attend ! Si tu crois, tu verras la Gloire de Dieu : c’est l’Eglise en marche dans la foulée des Apôtres !
Au nom du Père, Au nom du Fils, Au nom du Saint Esprit ! Amen
Père Jean-Pascal Duloisy, curé

