2ème dimanche du Temps Ordinaire - 17 janvier 2026

Jn 1, 29-34

Ce dimanche, l’Eglise nous donne de méditer, comme ce fut le cas le jour de Noël, un extrait d’un des plus beaux passages du Nouveau Testament, un écrit parmi les plus grands : le Prologue de Saint Jean, chapitre 1, 29-34.

Au cours des temps … le peuple juif et Jean-Baptiste

Au cours des temps, progressivement, l’Humanité a été réveillée de son ignorance, liée à l’obscurcissement et aux égarements d’un orgueil se voulant autonome face à son Créateur. Si l’Homme s’est éloigné, Dieu pour sa part, est resté fidèle et proche : « Tu est précieux à mes yeux et je t’aime. »

Cette fidélité et cette révélation du Créateur à ses créatures, c’est l’Alliance de Dieu avec les Hommes. Or, est-il, à part le Peuple Juif, une autre société humaine qui en premier ait entendu ce cri du cœur de Dieu pour nous, les hommes ? Absolument pas.

Dieu a pris l’initiative de la Rédemption par une « union-collaboration » avec le Peuple Juif qui désormais est appelé le « Peuple choisi », « le Peuple de l’élection » ou encore « le Peuple de l’Alliance ». Par le Peuple Juif, toute l’humanité a été engagée ou initiée dans une alliance salvifique.

Le genre humain a reçu une conscience nouvelle des réalités invisibles, il s’en est trouvé renouvelé, il a pu prendre dans une conscience restaurée connaissance du mystère de Dieu et de son infinie tendresse. Et c’est ainsi que désormais il est possible de dire, à cause de Jésus crucifié : « Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est Dieu qui est ma force. »

Rendre hommage à Jean-Baptiste qui a désigné, à la face de l’humanité, Jésus comme étant le Messie : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde » doit aussi nous inciter à un profond respect pour le peuple juif qui à travers les âges, a expérimenté, en dépit de ses infidélités et de ses égarements, la fidélité même de Dieu.

Nous avons beaucoup reçu du Peuple Juif, non seulement les Ecritures, Jean-Baptiste le dernier prophète, mais aussi la joie infinie de connaître Dieu, et de le connaître en esprit et en vérité : Père, Fils et Saint-Esprit. « Quiconque demeure en lui ne pèche plus. Quiconque pèche ne le voit pas et ne le connaît pas. » D’où vient donc le péché ?

D’où vient donc le péché ?

Le péché vient d’un oubli et d’une méconnaissance de Dieu ; objectivement d’une absence de connaissance de l’infinie tendresse du Père des Cieux : « Si tu savais le don de Dieu … ». Une méconnaissance de Dieu, c’est-à-dire une fausse image de Lui. C’est cela qu’est un péché. Ainsi, pécher et méconnaître Dieu coïncident. De même que l’enlèvement du péché va de pair avec la connaissance de Dieu.

Révélation et Salut coïncident. Parce que Dieu s’est fait connaître en Jésus-Christ, nous sommes désormais illuminés par la Grâce. Notre liberté est renouvelée pour ne pas dire sauvée : je sais en qui je mets ma confiance.

Désormais, Jean-Baptiste dans ce passage de l’Evangile n’est plus le précurseur seulement, mais celui qui indique clairement que Jésus est le Messie. Par Jésus, nous pouvons désormais savoir que nous sommes enfants de Dieu, et aimer Dieu Notre Père par une action de grâce et des choix qui Lui font honneur.

Ces choix nous porteront au Paradis, et à vivre ici des relations pacifiées.

« Voici l’Agneau de Dieu »

« Voici l’Agneau de Dieu » n’est pas à priori une image d’innocence mais une allusion à l’agneau pascal offert en sacrifice au Temple chaque année. Jésus est cet agneau pour le sacrifice qui porte, qui prend sur lui, en victime expiatoire les péchés du monde et qui les enlève. A travers Jésus, par Lui, avec Lui, Dieu s’est rendu visible pour que nous soyons ravis en sa passion de son grand amour, au-delà de toute saisie par les sens et l’intelligence. Jésus dira alors : « Demeurez dans mon amour ».

Le Christ ne vient pas condamner le premier Adam et la première Eve, mais les racheter. Il vient renouveler en l’homme ce qui est « don », tout ce qui en lui est éternellement bon et beau et qui constitue le substrat du « bel amour ».

Le Seigneur Jésus n’a pas seulement donné l’exemple et enseigné les foules. Il a littéralement libéré les hommes et les femmes de ce qui tenait captifs leurs corps, leurs esprits, leurs âmes, leurs vies fraternelles. Il est le Sauveur de l’Homme.

L’Eglise

« Voici l’Agneau de Dieu  » désigne non seulement Jésus le Christ mais aussi son Eglise. Elle est en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu, et de l’unité de tout le genre humain. C’est Lui Jésus qui en est le signe et la source, Lui le Rédempteur : « Ecce Homo – Voici l’Homme ! » dira Pilate sans comprendre la portée de ses paroles. Jean-Baptiste a dit la même chose : « Voici l’Agneau de Dieu », voici l’Homme, voici le Rédempteur.

De par le Christ, nous appartenons à l’avenir, parce que nous attendons et nous savons que le meilleur est à venir. Il est déjà là comme promesse de vie éternelle, offert dès ici-bas par l’Eglise et les sacrements. Tous les hommes sont donc appelés à une plénitude de vie qui va bien au-delà des dimensions de nos existences terrestres. Notre vie est participation à la vie même de Dieu. C’est la vie dans l’Esprit Saint. La vie terrestre est donc une réalité sacrée qui nous est confiée pour que nous la gardions de manière responsable grâce à l’Eglise. L’Eglise nous guide afin que nous portions cette vie dans l’amour, le don de nous-mêmes à Dieu et à nos frères.

Conclusion :

Ainsi, grâce à Jésus, le monde visible créé par Dieu pour l’homme – ce monde, qui lorsque le péché y est entre a été soumis à la caducité- retrouve de nouveau son lien avec la source divine de la Sagesse et de l’Amour.

Et l’Eglise comme Jean-Baptiste servent cet objectif : que tout homme trouve le Christ, afin que le Christ puisse parcourir la route de l’existence en compagnie de chacun et chacune. L’Eglise est le corps mystique du Christ, signe et servante de l’Alliance de l’homme avec Dieu, comme sacrement universel du Salut, en « relais » avec le peuple d’Israël.

L’Esprit Saint a été répandu en abondance par l’Agneau de Dieu. Tel est le Salut offert, qui fait toutes choses nouvelles. Demandons le instamment chaque jour sur l’Eglise et sur le Peuple d’Israël.

Père Jean-Pascal Duloisy, curé

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