Solennité de l'Ascension - 13 mai 2021

Mc 16, 15-20

 

Nous n’aimons pas beaucoup l’Ascension qui est une fête de séparation. Alors qu’elle est, ainsi que je le rappelais dimanche dernier, la 3ème plus grande fête du Christ, après Noël et Pâques si on prend l’ordre chronologique, ou Pâques et Noël par ordre d’importance. Pour nous les hommes et notre Salut, il descendit du Ciel : Noël. Il ressuscita et il monta au Ciel : Ascension. Nous lui accordons pourtant peu de place, tendus vers la Pentecôte, en réalité vers la Trinité.

Est-elle vraiment une fête de séparation, sachant que la dernière phrase de l’évangile selon saint Matthieu est la promesse de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 16, 20) tandis que la finale de saint Marc (que nous venons d’entendre), qui fait l’impasse sur la Pentecôte, dit qu’après que Jésus fut « enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu, (les disciples) s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient ».

Jésus assis à la droite du Père travaille avec ses disciples.

Lui seul ou Lui avec les saints Apôtres ? Quelle est la perméabilité entre le Ciel et la terre, entre l’au-delà et la vie présente, dont témoignent tous ceux et celles qui ayant perdu un proche perçoivent des signes de sa présence ?

Que les morts communiquent avec nous fait partie de la foi catholique, de la communion et du culte des Saints : cela n’aurait aucun sens d’invoquer leur intercession s’ils n’entendaient nos prières. Quand dans les années 90 j’accompagnais Guy Gaucher évêque-auxiliaire de Lisieux qui préparait la proclamation de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus docteur de l’Eglise, je me souviens des récits qu’il faisait, avec la prudence requise, d’apparitions de la Sainte auprès de non-croyants. Un ministre égyptien avait reproché à une religieuse de lui envoyer une sœur pour obtenir gain de cause dans une affaire difficile. La religieuse ne comprenait pas quand, prise d’une inspiration, elle lui montre une image de la petite Thérèse morte trente ans plus tôt. ‘Ah ! vous voyez que vous la connaissez ! Je vais faire le nécessaire, mais dites-lui qu’elle arrête ses visites !’.

Toute la question est de savoir si cette communication est réservée aux Saintes et aux Saints qui sont dans la Gloire du Ciel, et ce serait alors très rassurant quand on a la manifestation d’un proche, ou bien s’il s’agit d’une propriété de l’âme ?

Est-ce qu’un signe de la part d’un défunt dit quelque chose de son Salut, sa rédemption ?

Cela dépend moins du signe que du contexte et de l’effet qu’il produit. Le saint Padre Pio, à qui une veuve se plaignait de souffrir d’apparitions de son mari mort depuis des années, lui aurait expliqué que son mari réclamait ses prières à elle pour sortir du Purgatoire. Ce qu’elle fit. Et quelque temps plus tard, le Saint, la retrouvant, lui dit que ses prières avaient été exaucées : son mari était dans la paix.

Et les damnés ? Sont-ils susceptibles de continuer à faire du mal, comme le montrent les films d’horreur et de zombies ? Est-ce là pure fiction, pour autant qu’une pure invention de la raison humaine soit possible, ou est-ce que cela repose, le terme est impropre, sur une part de vérité ? Oui, il y a des âmes qui continuent à faire du mal, après la mort de leur corps, qui ne veulent pas monter au Ciel, et continuent de rôder sur la terre, avant de plonger définitivement dans l’abîme de l’enfer.

Il est remarquable que la mission que Jésus confie à ses apôtres, porte sur ce no man’s land des esprits, cette continuité entre la vie présente et l’au-delà, qu’il s’agisse d’expulser les démons, de parler en langues nouvelles, de prendre des serpents dans leurs mains ou de boire du poison mortel sans s’en trouver mal. Et de donner par l’imposition des mains une force aux malades, sachant que dans l’Ecriture, malade signifie en danger de mort, comme le sacrement de l’Onction est réservé aux « personnes dangereusement malades » (CEC 1513).

Il n’y a pas que la planète qui soit en danger de mort, comme nous alertent tous ceux qui en ont une vision honnête. Ou plutôt elle n’est en danger de mort que parce que l’humanité est en train de perdre son âme dans un matérialisme effréné et le refus du Salut.

On aurait pu espérer que la pandémie réveille les consciences et un désir de conversion. La hâte de nos contemporains est de retrouver le monde d’avant. Notre mission n’en est que plus urgente d’appeler à la suite du Christ à la conversion, de faire barrage, au péril de notre vie, pour empêcher tant d’âmes de courir à l’abîme. Peut-être qu’en prenant conscience de la gravité de la pollution matérielle, ils comprendront le danger de mort spirituelle ?

L’inverse est plus sûr : quiconque a vraiment conscience de ses péchés souffre des atteintes à la Création. L’écologie, quand elle est cohérente, est spirituelle.

Seigneur, toi qui nous as ouvert le Ciel par ton Ascension, ouvre nos cœurs à ton Amour, pour que nous cherchions notre conversion et obtenions le Salut ! Croyez que Jésus est au Ciel, avec notre humanité, pour sauver la Création.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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