Fête de la Sainte Famille - Dimanche 31 décembre 2023

Lc 2, 22-40

 

Syméon était un homme juste et religieux qui attendait la Consolation d’Israël (Lc 2, 25).

Arrêtons-nous sur ce terme en cette fête de la sainte Famille, tant la famille est ou devrait être le lieu par excellence de la consolation : « Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai, dit le Seigneur. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés » (Is 66, 13).

La Consolation est un mot-clé de la Bible, le nom du ‘deuxième’ Livre d’Isaïe, le Livre de la Consolation d’Israël, dont nous avions les premiers mots en 1ère lecture du 2ème dimanche de l’Avent : « Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes » (Is 40, 1).

La consolation est alors liée au pardon suivant une tradition qui voit dans le malheur un châtiment – ce dont le Christ nous a libérés : « qui est-ce qui a péché, lui demandent ses disciples devant l’aveugle-né, lui ou ses parents, pour qu’il soit né comme ça » (Jn 9, 2) ? « Ni lui, ni ses parents » répond Jésus, « mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ». Œuvres de Salut de notre Père, à qui saint Paul adresse ce chant de louange :

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de tendresse, Père de Miséricordes, Dieu de toute consolation : il nous console dans toutes nos détresses pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont dans la détresse, grâce à la consolation que nous recevons nous-mêmes de Dieu » (2 Co 1, 4).

Syméon attendait la Consolation d’Israël.

Est-ce que c’est Jésus, que ses parents amènent à cet instant, la Consolation attendue ?

Ou est-ce que c’est Marie, que nous appelons Notre-Dame de la Consolation, Consolatrice des Affligés (le mot a vieilli), Mère de toute Consolation, d’autant plus prompte à nous consoler qu’elle a connu la souffrance de voir mourir son enfant.

Ce drame, la mort d’un enfant, figure au début de l’évangile quand Hérode fait massacrer les enfants, « alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus » (Mt 2, 18). Elle ne veut pas ou ne peut pas être consolée.
Chaque fin d’année, dans la rétrospective de ce que nous avons vécu, je pense aux parents qui ont perdu un enfant, et je me dis que le reste est bien peu au regard de ce drame absolu.

Syméon attendait la Consolation d’Israël : est-ce que c’est Jésus ? Est-ce que c’est Marie ? Est-ce que c’est le Saint-Esprit qui les unit ? N’est-ce pas lui le Consolateur ? Jésus le désigne par ce nom de Paraclet qui veut dire « appeler près de soi », tant la consolation exige tendresse et proximité.

« J’appelle consolation, dit saint Ignace de Loyola (qui a fait de la consolation la clef de voûte du discernement des esprits), toute augmentation d’espérance, de foi et de charité, et toute joie intérieure ».
Il nous invite dans les Exercices spirituels à être attentifs aux mouvements intérieurs de notre âme, à ce qui la rapproche de Dieu, consolation spirituelle, ou au contraire l’en éloigne, désolation, trouble, agitations et tentations qui laissent l’âme « triste, tiède, paresseuse, et comme séparée de son Créateur et Seigneur ».

Retenons cette règle simple : pas de décision en période de désolation !

Tenir bon dans les turbulences, demeurer ferme dans ses bonnes résolutions précédentes. Lutter par la prière et la méditation de l’évangile.
Tenir bon avec le soutien de ceux qui nous aiment, de notre famille, naturelle ou spirituelle, d’origine ou d’adoption.
La famille est le lieu par excellence de la consolation.
La famille est sainte quand elle est source de consolation. Elle se perd ou ignore sa vocation quand elle est le lieu de la division, de la jalousie et du conflit, terre de désolation.

Ah ! si nous pouvions vivre ainsi saintement en famille ! Et dans l’Eglise ! En consolant ceux qui pleurent, en réconfortant ceux qui sont abattus. En nous souvenant de la prière de saint François d’Assise : « Que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler ; à être compris qu’à comprendre ; à être aimé qu’à aimer ».

En nous souvenant surtout que la consolation est une grâce de l’Esprit-Saint, une grâce à demander :
Viens Esprit-Saint ! « Viens en nous, père des pauvres, viens dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs. Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur. Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort ».

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés.

L’esprit de famille ? La consolation.

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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