Dimanche des Rameaux et de la Passion - 28 mars 2021

La Passion selon saint Marc (Mc 14 et 15)

 

Vraiment cet homme est le Fils de Dieu !

Jésus n’a pas été crucifié parce qu’il a été mal compris, encore moins parce qu’il se serait mal exprimé. Il nous arrive d’être mal compris parce qu’on s’est mal exprimé. Je le reconnais volontiers et j’essaye de m’améliorer. Il y a deux dimanches, à la sortie de la messe, l’une d’entre vous m’a demandé : vous pourriez me dire en une phrase ce qu’il fallait retenir ? Par chance, j’avais trouvé le bon titre (à mon homélie) ce jour-là : ‘un climat d’amour suffisant’.

Jésus n’a pas été crucifié parce qu’il a été mal compris, encore moins parce qu’il se serait mal exprimé. Dans une relation, il faut regarder, des deux côtés, les efforts que chacun fait pour communiquer. Et le temps et les moyens dont ils disposent : l’autorité a davantage de moyens et un temps plus limité, en revanche est partagée la responsabilité d’être attentif et d’écouter.

Dans notre relation à Dieu, nos efforts pour écouter sont dérisoires au regard de ceux qu’il a déployés pour nous parler tout au long de l’histoire : la Passion du Christ en est l’apogée. C’est pourquoi, les yeux fixés sur Jésus-Christ, nous méditons les dernières paroles du Christ en Croix. Une seule chez saint Marc : Éloï, Éloï, lema sabactani – « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Je vous en parlerai au Jeudi Saint.

Jésus n’a pas été crucifié parce qu’il a été mal compris, encore moins parce qu’il se serait mal exprimé, pas plus qu’il n’a été trahi par Judas parce qu’il n’aurait pas su le manager : Jésus n’a aucune responsabilité dans la trahison de Judas. Dieu n’est pas responsable de nos infidélités. On dit que dans un couple l’un des deux va voir ailleurs par manque d’attention de la part de son conjoint.
Je pense aussi aux enfants devenus grands qui font porter le poids de leur tristesse sur les erreurs de leurs parents. Parfois je m’exclame : Mais vous avez quel âge ?
Ou encore, dans le registre du management, ceux qui estiment que le patron est responsable de l’échec d’un employé : pas forcément. Ne faisons pas porter aux autres la responsabilité de nos échecs, de nos erreurs et de nos infidélités. Il y a une limite à l’interactivité : notre liberté.

Jésus n’a aucune responsabilité dans la trahison de Judas. Nous l’avons entendu : « Malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! ». Ce qui m’amène à une troisième réflexion, après l’écoute, la liberté, – sur le bonheur.

La trahison de Judas est sans comparaison avec le reniement de Pierre. On relie les deux alors que la nature de l’acte est différente, entre une trahison dont Judas prend l’initiative et un reniement où Pierre se défend. Les circonstances sont différentes : à froid pour Judas, dans la panique pour Pierre en grand danger. La finalité diffère entre sauver sa peau et se faire bien voir des autorités en gagnant de l’argent. Malgré ses faiblesses, Pierre a une pureté de cœur, une volonté de bien faire. Oui, ils se sont tous les deux trompés. Qui d’entre nous ne se trompe pas ? Nous célébrons aujourd’hui, nous avons acclamé le seul homme au monde, le seul de l’Histoire qui ne se soit jamais trompé, le seul qui soit la vérité, Jésus-Christ.

La question n’est pas de savoir si Judas a eu le temps de se racheter, de renoncer à l’enfer. Ce qui importe est de retenir que Jésus l’a dit malheureux quand il a dit heureux Pierre qui fut le premier à confesser sa foi en Lui le Christ, le Fils du Dieu vivant ! Heureux es-tu, Pierre, ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux (Mt 16, 16).

Heureux es-tu toi le Centurion qui as vu comment Jésus a expiré, et déclaré : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! ». Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais Notre Père qui es aux cieux.

Ce qui rend heureux est de croire en Jésus-Christ, et malheureux de nous en éloigner. L’écoute, la liberté, et le bonheur. Le Père dit d’écouter son Fils bien-aimé ; le Christ enseigne que la vérité nous rendra libres ; heureux sommes-nous quand l’Esprit-Saint nous donne de proclamer sa divinité.

L’écoute, la liberté, le bonheur. Vraiment cet homme est le Fils de Dieu !

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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