2ème dimanche de Pâques - 24 avril 2022

Jn 20, 19-31

 

C’est quoi la Miséricorde ? m’avait crié une passante excessivement pressée, qui venait de voir l’inscription sur le mur de l’enceinte de la chapelle : « C’est la miséricorde que je veux dit Jésus ». M’apercevant devant la grille, elle avait à peine ralenti sa course : C’est quoi la Miséricorde ? et j’avais crié en retour : ‘C’est l’amour qui pardonne !’. C’est vrai mais pas seulement. La miséricorde est d’abord compassion et consolation : Jésus vient consoler ses disciples anéantis par sa mort et sa disparition.

La Miséricorde, c’est l’amour qui console. Le Consolateur est le nom de l’Esprit-Saint.

La Tradition dit que la première visite de Jésus au matin de Pâques a été pour la Vierge Marie, et il a dû « la consoler longuement ». Ce fut encore plus long pour ses disciples : quarante jours. Le temps pascal, jusqu’à l’Ascension, est de consolation autant que d’enseignement, les deux vont ensemble : enseigner les ignorants, consoler les affligés, deux œuvres de Miséricorde spirituelles.

Ces œuvres ont un objectif : pratiquer la charité, augmenter la foi. Relever, restaurer la foi. Augmente en nous la foi, demandaient les Apôtres, et cela devrait être notre prière, le plus grand malentendu sur la Miséricorde étant de la percevoir comme une dispense de foi : voyez le nombre de nos contemporains qui pensent qu’il n’est pas nécessaire de prier, pas nécessaire d’avoir la foi puisque Dieu pardonne. Dieu est Amour.

Oui Dieu est Amour. Oui Dieu pardonne : il pardonne à ceux qui regrettent, ceux qui, comme Thomas, se seront convertis, seront revenus.

Revenez à moi dit le Seigneur, de tout votre cœur ! Cet appel que nous entendions au débutdu Carême, le Mercredi des Cendres, ne s’arrête pas à Pâques. La joie de la Résurrection n’est pas une dispense de conversion. Aujourd’hui ! Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi, déchirez vos cœurs pour vous ouvrir au Seigneur car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour.

Qui sait ? Il pourrait renoncer au châtiment.

Pourquoi Thomas est-il revenu ? Par curiosité ? Faire plaisir aux copains ? Faute de mieux ?Vous êtes fous ! Thomas n’était pas fou : il savait la puissance de Dieu, et le risque qu’il prenait si ce que les apôtres disaient était vrai.
Et c’était vrai. Dites-le autour de vous, dans vos familles, à vos amis, à tous ceux qui vivent comme si Dieu, s’il existe, leur pardonnera automatiquement y compris de se moquer de lui. Le pardon nest pas automatique. Ne vous y trompez pas, dit la Lettre de saint Jacques, Dieu ne se laisse pas narguer, impunément. On ne se moque pas de Dieu. Ce que l’on a semé, on le récoltera (Jc 6, 7).

La Miséricorde est l’indulgence de Dieu pour ceux qui se seront convertis.

Pour les autres, le châtiment est à redouter. Leurs proches, nous dirons : Seigneur, ils ne croyaient pas en toi mais ils étaient très gentils ...

La purification, la douleur de la purification sera plus morale que physique, plus spirituelle que corporelle. C’est pourquoi nous distinguons deux types d’œuvres de miséricorde : les plus connues, corporelles, « consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sanslogis, vêtir les déguenillés, visiter les malades et les prisonniers, ensevelir les morts. Parmi ces gestes, l’aumône faite aux pauvres est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu » (Cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique CEC 2447).Les œuvres de miséricorde spirituelles sont tout aussi importantes que la dernière résume d’un mot : Prier. Prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Avec et au nom de toute l’Eglise.

De la miséricorde, le pardon n’est qu’un aspect, qui vient après la consolation, après l’avertissement des pécheurs, après l’enseignement des ignorants, pour autant quils veuillentbien écouter, venir voir comme Thomas. La première est très claire : conseiller ceux qui sont dans le doute. Les indécis. Sans perdre de temps avec les opposants.

La Miséricorde est l’indulgence pour ceux qui se convertissent.

Elle n’en sera pas moins sévère. De cette page d’évangile, on oublie de souligner ceci : Thomas s’est tapé la honte. Quand Jésus, devant tout le monde, rappelle à Thomas ce qu’il avait osé dire : mettre son doigt dans la marque des clous, mettre la main dans son côté transpercé ! Eh bien, Thomas, me voici : « avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté ». Tu es gêné ? Tu as honte ? Tu regrettes ?

Le pardon ne fait pas l’économie du regret.

‘Je n’aime pas me confesser’, me dit-on ... Moi non plus je n’aime pas me confesser ! Moi aussi j’ai honte de mes péchés, et heureusement ! Heureusement que je regrette, que jai honte sans quoi je ne pourrais pas être pardonné, sans contrition. Heureuse honte, heureux regrets qui mouvrent au pardon.

Thomas s’est tapé la honte. Il a surtout vu combien Jésus laimait. Il vit et il crut.

Heureuse honte effacée par tant dAmour !

Père Christian Lancrey-Javal, curé

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